L’INDJIL SELON YAHIA

( L’EVANGILE SELON SAINT JEAN )

 

commenté par

R.S. Abd-al-Haqq

avec nombreuses références au Coran

pour en faciliter l’étude

aux lecteurs et lectrices d’origine musulmane

(Les commentaires sont en italiques)

En fin d’ouvrage :

Index des versets bibliques et coraniques mentionnés

Index alphabétique des notes

L’INDJIL SELON YAHIA.





Dis aux hommes des Écritures: Vous ne vous appuierez sur rien de solide,
tant que vous n'observerez pas le Pentateuque, l'Évangile,
et ce que votre Seigneur a fait descendre d'en haut...
Coran, Al-Maidah (5.68)

 

 

 

 

L’EVANGILE SELON SAINT JEAN

 

 

Vous sondez les Ecritures, - dit Jésus - parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle: ce sont elles qui rendent témoignage de moi.

(Jean 5:39)

 

EVANGILE SELON ST JEAN

 

Chapitre I

 

 

1.0 : Le mot "évangile", tout comme le mot arabe : "Indjil", viennent du mot grec "euangelion", qui signifie: Bonne Nouvelle. Les Evangiles font partie des 27 livres du Nouveau Testament et qui nous sont parvenus en grec. En parlant de l’Evangile, le Nouveau Testament lui donne les qualificatifs suivants : "l’Evangile de Jésus-Christ" (9 fois),"l’Evangile de Dieu" (8 fois), "l’Evangile de la gloire de Christ, qui est l'image de Dieu" (2 Corinthiens 4:4), "l’Evangile de votre salut" (Ephésiens 1:13), "l’Evangile de paix" (Ephésiens 6:15), "l’ Evangile de la gloire du Dieu bienheureux" (1 Timothée 1:11), "la Parole vivante et permanente de Dieu" (1Pierre 1:23) "l’Evangile éternel" (Apocalypse 14:6). En plus de 40 endroits, le Nouveau Testament appelle l’évangile "Parole de Dieu" ou "Parole du Seigneur". L’Evangile vient donc de Dieu et est destiné à apporter aux humains le salut, c’est-à-dire la réconciliation avec Dieu et la paix avec lui. Mais l’apôtre Paul met ses lecteurs en garde contre toute altération du texte sacré : "Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Evangile que celui que nous vous avons prêché, qu'il soit anathème!" ( Galates 1:8). "Je vous rappelle, frères, l'Evangile que je vous ai annoncé,... et par lequel vous êtes sauvés, si vous le retenez tel que je vous l'ai annoncé; autrement, vous auriez cru en vain" (1 Corinthiens 15: 1-2). Le même apôtre déclare qu’il ne falsifie, ni n’altère la parole de Dieu (2 Corinthiens 2 :17 ; 4 :2). Et Jude déclare que la foi a été transmise aux saints (c’est-à-dire aux croyants) une fois pour toutes (Jude 3). C’est pourquoi, le texte que nous avons sous nos yeux est complet et non altéré.

Le Coran reproche à des juifs d’avoir altéré le Livre en le récitant et en le communiquant (Al-Baqara, 2.75 ; Al-Imran, 3.78), d’en avoir caché une partie (Al-Anam, 6.91) ou d’en avoir altéré le sens (An-Nisaa, 4.46 ; Al-Maidah, 5.13 et 41). Mais jamais le Coran ne parle d’altération des manuscrits ! Au contraire, il affirme l’inaltérabilité de la Parole de Dieu en plusieurs endroits (Al-Maidah, 5.48 ; Al-Anam, 6.34 et 115 ; Yunus,10.64; Al-Hijr,15.9 ; Al-Kahf,18.27 ; Al-Fath, 48.23).

Le Coran parle en onze endroits de l’Evangile et reconnaît qu’ il vient de Dieu (Al-Imran, 3.3, 48, 65 ; An-Nisaa, 4.110 ; Al-Hadid,57.27), qu’ il est "une direction et une lumière" (Al-Maidah, 5.46) . Ibn Ishaq, dans la "Sirat Rasoulallah" mentionne l’apôtre Jean et son évangile. Comme nous l’avons indiqué en exergue le Coran recommande de s’appuyer sur le Pentateuque et l’Evangile : " Dis aux hommes des Écritures: Vous ne vous appuierez sur rien de solide, tant que vous n'observerez pas le Pentateuque, l'Évangile, et ce que votre Seigneur a fait descendre d'en haut..." (Al-Maidah, 5.68 ; voir aussi Al-Baqara, 2.136).

Que l’Evangile que vous avez sous les yeux devienne pour vous, chère lectrice et cher lecteur, la direction et la lumière venant de Dieu, pour votre salut éternel.

Remarque importante : Nous avons utilisé, pour la Bible, la traduction Segond, 1910 et pour le Coran, la traduction de Kasimirski 1891. Pour ne pas alourdir le présent ouvrage, il n’a pas été possible de citer "in extenso" tous les textes bibliques et coraniques mentionnés dans les commentaires. Nous invitons donc nos lecteurs à se procurer une Bible et un Coran, afin d’y trouver "in extenso" tous les textes indiqués. En cas de difficulté à trouver la Bible, veuillez consulter le site internet suivant: http://www.info-bible.org

I.1 Au commencement était la Parole (ou le Verbe, en grec : le logos), et le logos était avec Dieu, et le logos était Dieu.

I.2 Il était au commencement avec Dieu.

1.2: Dès le début de son Evangile, Jean souligne la nature divine du logos, c’est-à-dire de Jésus-Christ. Le Coran, lui aussi qualifie Jésus de "Verbe d’Allah (kalimatullah)". Les anges dirent à Marie : "Allah t'annonce son Verbe (bikalimatin minhu). Il se nommera le Messie, Jésus fils de Marie..."(Al-Imran,3.45) ; Jésus est appelé le "Verbe émané d’Allah"(bikalimatin mina Allahi) en Al-Imran,3.39. Et en An-Nisaa,4.171, il est encore qualifié de "rasoolu Allahi wakalimatuhu (prophète d’Allah et sa parole) jetée en Marie". Le Coran ne dit pas de Jésus qu’il est "une" parole d’Allah, mais qu’il est "sa" parole jetée en Marie. La Parole ou Verbe (kalima) ne peut désigner que deux choses : elle est, soit une prérogative intrinsèque à Dieu, soit une faculté extrinsèque . Si l’on admet qu’il s’agit d’une faculté extrinsèque, alors le texte coranique signifierait qu’Allah a "jeté" cette faculté en Marie : il se serait alors amputé d’une de ses facultés, ce qui est inconcevable, puisque Dieu ne saurait être privé d’une de ses facultés. Mais si "kalima" désigne une faculté intrinsèque, cela signifie qu’elle fait partie de l’essence divine, et cela de toute éternité. Alors le texte coranique signifie que la Parole éternelle s’est incarnée, ce qui rejoint la doctrine chrétienne.

Pour comprendre la relation qui unit la Parole à Dieu, il faut se souvenir que Dieu a la capacité d’écouter (Al-Baqara,2.127) et d’aimer (Al-Baqara,2.195). En raison de son immuabilité (Al-Ahzab 33.62), la capacité d’écouter et d’aimer sont éternelles. Avant la création des djinns, des anges et des hommes, de qui Dieu était-il à l’écoute? Qui aima-t-il de toute éternité?

En répondant que Dieu n’avait personne à écouter et à aimer avant la création, on soutient qu’il lui manquait quelque chose. Mais, s’il lui manque quelque chose, il n’est plus ni parfait, ni indépendant, donc pas Dieu. Ce n’est que dans la mesure où il a un vis-à-vis qu’il peut aimer et avec lequel il peut dialoguer de toute éternité qu’il est un Dieu parfait et indépendant. La personne qui est le vis-à-vis éternel est le" logos" (la Parole ou le Verbe), appelé encore "Fils". L’évangile selon Jean proclame que le "Père aime le fils" (Jean 3:35, Jean 5:20) et cela même avant la fondation du monde (Jean 17:24) et que le Fils lui-aussi "aime le Père"(Jean 14:31). Le mot "fils" (en grec : uios) est la traduction du mot hébreu "ben" ou du mot araméen "bar". Ces mots indiquent non seulement la filiation, mais aussi l’origine, l’appartenance, l’ essence, la nature. [On trouve ainsi le mot "fils" dans les expressions suivantes : "fils du tonnerre" (Marc 3:17), "fils de la géhenne" (Matthieu 23.15), "fils de la rébellion" (Ephésiens 2.2 ; 5.6 ; Colossiens 3.6 ), "fils de la perdition" (2 Thessaloniciens 2.3) ].

L’expression "fils de Dieu" signifie donc que le "logos" appartient à Dieu, qu’il en a l’essence et la nature. Elle est employée pour dire que le Père et Fils sont d’essence divine, et non qu’il y a antériorité temporelle, car la qualité de Père n’existe qu’à partir du moment où il y a un Fils. Le Père et le Fils sont donc synchrones et ne constituent pas deux divinités, mais deux personnes dans un seul et même Dieu. Le véhicule de cet amour , le trait-d’union entre Père et Fils est l’Esprit-Saint, la troisième personne de la Trinité (mieux: la Tri-unité) divine.

Le mot "fils", dans la Bible, ne correspond pas au terme arabe "walad", mais à "ibn" . C’est ce dernier terme qu’ utilise le Coran pour parler du fils de Marie: "ibni Maryama" (Al-Maidah,5.46 ; Al-Hadid,57.27), "ibnu maryama qawla alhaqq" (fils de Marie, parole de vérité (Maryam,19.34). Et lorsque le Coran annonce à Marie la venue d’un enfant sage et pur (Maryam,19.19 ; As-Saffat, 37.101 ; Az-Zariyat, 51.28) , il utilise le terme de "ghoulâm". Le Coran affirme en maints endroits que Dieu n’a pas de "walad", mais ne déclare nulle part que Dieu n’a pas de "ibn". Le mot "ibn" peut, en effet, aussi s’entendre figurativement, comme dans l’expression : "ibn as-sabil"( le voyageur, littéralement le "fils du chemin"), que l’on trouve plusieurs fois dans le Coran (Al-Baqara, 2.177 et 215; An-Nisaa, 4.36 ; Al-Anfal, 8.41 ; Al-Tauba, 9.60 ; Al-Isra, 17.26 ; Ar-Rum; 30.38 ;Al-Hashr, 59.7). Dans un seul endroit , le Coran utilise, à propos de Jésus, l’expression "ibnou Allahi": "Les juifs disent: Ozaïr est fils d'Allah (ibnou Allahi) . Les chrétiens disent : Le Messie est fils d'Allah (ibnou Allahi)..."(At-Tauba, 9.30). Bien que le Coran qualifie ces affirmations d’illusoires, il n’ajoute pas: Dieu n’a pas de "ibn" , alors que dans les passages où est utilisée le mot "walad" , le Coran précise régulièrement qu’Allah ne saurait avoir de "walad", car "walad" signifie progéniture, plutôt que fils ( Al-Baqara, 2.116 ; Al-Anam, 6.101;Yunus,10.68; Al-Isra,17.111; Al-Kahf, 18.4 ; Maryam,19.35, 88, Az-Zumar, 39.4).

En fait, la Trinité que le Coran réfute est constituée d’Allah, de Marie et de Jésus : " Allah dit alors à Jésus: As-tu jamais dit aux hommes: Prenez pour dieux moi et ma mère, à côté d'Allah unique? - Par ta gloire! non. Comment aurais-je pu dire ce qui n'est pas vrai? Si je l'avais dit, ne le saurais-tu pas? Tu sais ce qui est au fond de mon âme, et moi j'ignore ce qui est au fond de la tienne, car toi seul connais les secrets" (Al-Maidah,5.116; voir aussi An-Nisaa,4.171). Cette trinité ne correspond pas à celle de la Bible, qui proclame en maints endroits qu’il n’y a qu’ un seul Dieu (Malachie 2:10 ; Romains 3:30 ; 1 Corinthiens 8:4 et 6 ; Ephésiens 4:6 ; 1 Timothée 2:5 ; Jacques 2:19). Mais ce Dieu unique est constitué du Père, du logos ou Fils et du Saint-Esprit.

La filialité divine de Jésus est déjà affirmée dans l’Ancien Testament (Psaume 2:12 ; Proverbes 30 :4 ; Esaïe 9 :5) . Elle est confirmée dans plus de 50 passages du Nouveau Testament : Jésus y est même qualifié de "Dieu" pas seulement en Jean 1:1, mais encore en Jean 20 :28 ; Actes 20 :28 ; Romains 9:5 ;

2 Corinthiens 4:4 ; Philippiens 2 :6 ; Colossiens 1 :15 ; Hébreux 1:8-9 ; 1 Jean 5:20). "Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même..." (2 Corinthiens 5:19)."Car en lui (en Jésus-Christ) habite corporellement toute la plénitude de la divinité" (Colossiens 2:9)."Je suis dans le Père - affirme Jésus - et le Père est en moi" (Jean 14:10, 11 ; Jean 10:38)."Moi et le Père, nous sommes un" (Jean 10:30 ; 17:22). "Celui qui m’a vu a vu le Père" (Jean 14:9)(voir aussi 14.28).

I.3 Toutes choses ont été faites par lui, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans lui.

1. 3 : Les premiers mots de la Bible (de la Torah ou Taurat) parlent de la Création en ces termes : "Au commencement Dieu (Elohîm) créa" (Genèse 1:1). Le mot utilisé pour désigner Dieu est "Elohîm", pluriel d’ "Eloah". Or le mot"Elohîm"régit ici, et en d’autres endroits, le singulier. Dans le récit de la Genèse, Dieu utilise souvent le pronom : "nous". Il en est de même dans le Coran, où ce pronom "nous", appliqué à Allah se trouve plus de 2000 fois. On a voulu voir en ce "nous" un "pluriel de majesté". Mais aucun des rois juifs ou païens, des prophètes, des chefs religieux, des chefs de clan n’a utilisé de pluriel de majesté , ni sous l’Ancienne, ni sous la Nouvelle Alliance. Il faut donc voir dans ce pluriel l’indice d’une pluripersonnalité au sein d’une essence divine unique. Malachie, qui exerça son ministère prophétique vers 440-430 avant J.-C., proclama : "N'avons-nous pas tous un seul père? N'est-ce pas un seul Dieu qui nous a créés?" (Malachie 2:10). Et l’Eternel déclare : " Moi, l'Eternel, j'ai fait toutes choses, seul j'ai déployé les cieux, seul j'ai étendu la terre" (Esaïe [740-680 av. J.-C.] 44:24). Mais l’Evangile de Jean précise, tout comme les épîtres aux Colossiens 1:16 et aux Hébreux 1:2, que c’est la parole qui a tout créé, ce que déclarait déjà le psalmiste :"Les cieux ont été faits par la parole de l'Eternel, et toute leur armée par le souffle (en hébreu : Rouakh = Esprit) de sa bouche"( Psaume 33 : 6). L’intervention de l’Esprit de Dieu dans la création est aussi soulignée par Job : " L'esprit de Dieu m'a créé, et le souffle du Tout-Puissant m'anime" (Job 33:4).

Or, Ecclésiaste 12 :1 (3) dit : "Souviens-toi de ton créateur (littéralement : des créateurs de toi) pendant les jours de ta jeunesse". Au Psaume 149:2, il est aussi question de "ceux qui ont créé Israël".

En l’Eternel, qui est le seul créateur, cohabitent trois personnes co-actives et en parfaite connivence: le Père, la Parole (logos) ou Fils, et l’Esprit.

Pour le Coran, le Créateur (al-Khâliq) est Allah. Le verbe créer (khalaqa) a, dans le Coran, pour sujet uniquement Allah, sauf en Al-Imran,3.49 où il a pour sujet Jésus qui dit :"Je formerai (littéralement : je créerai, [akhlouhou] ) de boue la figure d'un oiseau, je soufflerai sur lui, et par la permission d'Allah l'oiseau sera vivant...". Jésus, pour le Coran, est le seul - en dehors d’Allah - à avoir le pouvoir créateur.

I.4 En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes.

I.5 La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue.

1.5 : Jésus lui-même confirme être la lumière : " Je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie" ( Jean 8:12). Nous avons déjà vu dans la note 1.0 que le Coran appelle l’Evangile une "lumière (nouroun)". Et il accorde ce même qualificatif au Pentateuque (Al-Maidah,5.44, 46).

I.6 Il y eut un homme envoyé de Dieu: son nom était Jean.(Yahia, dans le Coran; il ne s’agit pas de l’apôtre Jean, l’auteur de cet évangile, mais de Jean-Baptiste) (voir 13.23 ; 19.27 ; 21.25).

I.7 Il vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui.

I.8 Il n'était pas la lumière, mais il parut pour rendre témoignage à la lumière.

1.8 : La venue de Jean-Baptiste (Yahia) avait été prophétisée par le prophète Esaïe[740-680 av. J.-C.] en Esaïe 40 :3. Jésus dit de Jean-Baptiste qu’il était "plus qu'un prophète" (Matthieu 11:9). "Je vous le dis en vérité, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n'en a point paru de plus grand que Jean-Baptiste" ( Matthieu 11:11). Avant la naissance de Jean-Baptiste, son père, Zacharie, selon le Coran, fut interpellé par des anges qui lui dirent : "Allah t'annonce la naissance de Jean, qui confirmera la vérité du Verbe d'Allah (bikalimatin mina Allah) ; il sera grand, chaste, un prophète du nombre des justes" (Al-Imran,3.39). Il est encore question de Yahia dans le Coran en Al-Anam,6.85 ; Maryam,19.7 ; An-Anbiyaa, 21.90. A sa naissance, selon l’évangile, son père, Zacharie prophétisa en ces termes : " Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, de ce qu'il a visité et racheté son peuple,/ et nous a suscité un puissant Sauveur dans la maison de David, son serviteur,/ comme il l'avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens, / ...Et toi (Yahia), petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut; car tu marcheras devant la face du Seigneur, pour préparer ses voies,/ afin de donner à son peuple la connaissance du salut par le pardon de ses péchés,/ grâce aux entrailles de la miséricorde de notre Dieu, en vertu de laquelle le soleil levant nous a visités d'en haut,/ pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort, pour diriger nos pas dans le chemin de la paix" (Luc 1:68-79).

I.9 Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme.

I.10 Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l'a point connue (voir note 1.3).

I.11 Elle est venue chez les siens, et les siens ne l'ont point reçue.

I.12 Mais à tous ceux qui l'ont reçue,
à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir
de devenir enfants de Dieu
(voir note 3.16),

I.13 (12) lesquels sont nés, (13) non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu.

1.13 : La mission de Jésus est clairement définie dès le début de l’Evangile : éclairer tout homme, afin qu’il croit en lui et devienne ainsi un "enfant de Dieu". Cette adoption ne résulte pas de la volonté de l’homme, mais d’une initiative divine. Cependant, elle nécessite le consentement de l’Homme. Dieu laisse l’Homme libre de choisir , d’être sauvé ou de ne pas être sauvé. Nous exhortons nos lecteurs à accepter, par la foi, le salut que Dieu leur offre en Jésus-Christ, mort pour nos péchés (Romains 6:10).

I.14 Et la Parole (le Logos) a été faite chair (c’est ce qu’on appelle : l’incarnation de la Parole), et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père.

1.14 : Le Coran confère à Jésus des qualités et des pouvoirs attribués à nul autre mortel : il le qualifie de Verbe de Dieu (kalimatullah) (Al-Imran, 3.39), d’ esprit (roûhoun) émanant d’ Allah (an-Nisaa,4.171), qui est fortifié par l’Esprit de sainteté (bi-rouhi al-quoduosi) (Al-Baqara,2.253), qui est juste, sans péché (Al-Imran, 3.39), qui est illustre en ce monde et dans l’autre, un proche de Dieu (Al-Imran, 3.45), capable de guérir le lépreux et l’aveugle, de ressusciter les morts, d’opérer des miracles (Al-Maidah,5.110, 112, 114), qui est une "miséricorde (rahmatan)" de Dieu (Maryam,19.21), qui a été élevé au ciel (An-Nisaa,4.158), qui reviendra du ciel pour inaugurer les Temps de la Fin (Az-Zukhruf,43.61), et, selon la Sunna, il anéantira l’Antichrist.

La Parole est qualifiée ici par Jean de "pleine de grâce (plèrès charitos)". Cette expression (plèrès charitos) est encore utilisée en Actes 6.8 où elle est appliquée au martyr Etienne. Elle est quelquefois utilisée, abusivement, pour qualifier Marie, la mère de Jésus. En fait, l’ange salua Marie en ces termes : " Je te salue, toi à qui une grâce a été faite (kécharitôménè ) (Luc 1:28).

I.15 Jean (voir note 1.8) lui a rendu témoignage, et s'est écrié: C'est celui dont j'ai dit: Celui qui vient après moi m'a précédé, car il était avant moi.

1.15 : Jean affirme ici, une fois de plus, la préexistence de Jésus (voir Jean 10:1). Jésus lui-même affirme sa préexistence en plusieurs occasions : Jean 6:62 ; 8:58; 16:28 ; 17:5 ; 17:24). La préexistence de Jésus est encore attestée en Ephésiens 1:4 ; 1 Pierre 1:20 ; Apocalypse 13:8.

I.16 Et nous avons tous reçu de sa plénitude, et grâce pour grâce;

I.17 car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ.

1.17 : Moïse (Moosa) [1526-1406 av. J.-C. - selon certains exégètes], éduqué par la fille de Pharaon, eut la mission de libérer les juifs du joug égyptien et de les conduire au pays de Canaan (Nombres 13:17; Coran Al-Maidah,5.21 ; Al-Isra,17.104). Moïse fut aussi l’auteur du Pentateuque (ou Torah) (Exode 24:4 ; Nombres 33:2 ; Coran Al-Baqara,2.47 ; Al-Anam 6.154 ; Al-Muminun,23.49 ). C’est à Moïse que Dieu révéla Son Nom : "Dieu dit à Moïse: Je suis celui qui suis. Et il ajouta: C'est ainsi que tu répondras aux enfants d'Israël: Celui qui s'appelle "je suis" m'a envoyé vers vous. / Dieu dit encore à Moïse: Tu parleras ainsi aux enfants d'Israël: L'Eternel (en hébreu figure ici le tétragramme : YHWH , voir 1.17 ), le Dieu de vos pères, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob, m'envoie vers vous. Voilà mon nom pour l'éternité, voilà mon nom de génération en génération" (Exode 3:14-15). Moïse annonça aussi la venue du Messie :"(Parole de l’Eternel): Je leur susciterai du milieu de leurs frères un prophète comme toi, je mettrai mes paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce que je lui commanderai. / Et si quelqu'un n'écoute pas mes paroles qu'il dira en mon nom, c'est moi qui lui en demanderai compte" (Deutéronome 18:18-19 ). Jésus se réfère sept fois à Moïse dans l’ évangile de Jean (3:14; 5:45 et 46 ; 6:32 ; 7.19, 22 et 23); il parle aussi du " livre de Moïse" en Marc 12:26. Le Coran mentionne Moïse (Moosa) 174 fois. "Nous avons donné le livre de la loi à Moïse, et nous l'avons fait suivre par d'autres envoyés; nous avons accordé à Jésus, fils de Marie, des signes manifestes et nous l'avons fortifié par l'esprit de la sainteté" (Al-Baqara,2.87). Moïse apparut à Jésus, à Pierre, Jacques et Jean, sur la montagne de la Transfiguration, en compagnie d’Elie (Matthieu 17:3).

I.18 Personne n'a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l'a fait connaître.

I.19 Voici le témoignage de Jean (voir note 1.8), lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des sacrificateurs et des Lévites, pour lui demander: Toi, qui es-tu?

1.19 : C’est la première fois que nous trouvons ici l’expression: "les Juifs" que Jean utilisera encore une trentaine de fois au cours de son Evangile pour désigner les dirigeants qui étaient hostiles à Jésus. A ceux-ci, il faut opposer "la foule"(Jean 6:24, 7:31, 7:40 ; 12:18...), ainsi que certains chefs religieux (Nicodème [Jean 3:1] , Arimathée [Marc 15.43] ), qui eux, étaient bienveillants vis-à-vis de Jésus . Les sacrificateurs ou prêtres étaient, sous l’ancienne alliance, les médiateurs entre Dieu et les hommes et offraient les sacrifices prescrits par la loi. Avec leurs collaborateurs, les lévites, ils enseignaient aussi la loi au peuple.

I.20 Il (Jean-Baptiste) déclara, et ne le nia point, il déclara qu'il n'était pas le Christ.

I.21 Et ils lui demandèrent: Quoi donc? es-tu Elie? Et il dit: Je ne le suis point. Es-tu le prophète? Et il répondit: Non.

1.21 : Elie, en hébreu " Eliah et Eliahou", en grec "Elias", dans le Coran "Ilyas" (Al-Anam,6.85; As-Saffat,37.123, 130) était l’un des plus grands prophètes. Il exerça son ministère prophétique dans les années 875-848 avant J.-C. Dieu lui a accordé d’opérer de nombreux miracles. A la fin de sa vie, un char de feu et des chevaux de feu apparurent "et Elie monta au ciel dans un tourbillon" (2 Rois 2:11). Selon Malachie [440-430 av. J.-C.]4:5 , Elie devait revenir avant "le jour de l’Eternel...ce jour grand et redoutable". C’est la raison de la question des envoyés de Jérusalem. Elie apparut sur la montagne de la Transfiguration, à côté de Moïse. En cette occasion, Jésus confirma qu’Elie reviendra, "rétablir toutes choses"(Matthieu 17:11). Puis il ajouta: "... Elie est déjà venu, ...ils ne l'ont pas reconnu, et ...ils l'ont traité comme ils ont voulu. De même le Fils de l'homme souffrira de leur part" (Matthieu 17:12 ). Jean-Baptiste, qui marcha devant Dieu "avec l'esprit et la puissance d'Elie" (Luc 1:17) , avait été emprisonné , puis décapité (Marc 6:24 -27). Elie était une sorte de préfiguration de Jean-Baptiste, lequel est lui-une préfiguration du prophète Elie qui doit revenir.

I.22 Ils lui dirent alors: Qui es-tu? afin que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu de toi-même?

I.23 Moi, dit-il, je suis la voix de celui qui crie dans le désert: Aplanissez le chemin du Seigneur, comme a dit Esaïe, le prophète.("Une voix crie: Préparez au désert le chemin de l'Eternel, aplanissez dans les lieux arides une route pour notre Dieu" (Esaïe [740-680 av. J.-C.] 40:3).

I.24 Ceux qui avaient été envoyés étaient des pharisiens (les pharisiens sont de stricts observateurs de la loi, mais à la pratique religieuse généralement très formaliste).

I.25 Ils lui firent encore cette question: Pourquoi donc baptises-tu, si tu n'es pas le Christ, ni Elie, ni le prophète?

I.26 Jean leur répondit: Moi, je baptise d'eau, mais au milieu de vous il y a quelqu'un que vous ne connaissez pas,

I.27 (26) qui vient après moi; (27) je ne suis pas digne de délier la courroie de ses souliers (voir note 1.8 ).

I.28 Ces choses se passèrent à Béthanie ( ou Béthabara , localité sur les rives du Jourdain ), au delà du Jourdain, où Jean baptisait.

(Voir note 1.33 )

I.29 Le lendemain, il vit Jésus venant à lui, et il dit:

Voici l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde.

1.29 : Lorsqu’Abraham était sur le point de sacrifier son fils, ce dernier lui demanda où était l’agneau du sacrifice. Son père lui répondit : " Mon fils, Dieu se pourvoira lui-même de l'agneau pour l'holocauste". (Genèse 22:8). Puis l’Eternel lui envoya un bélier. L’agneau était donc encore à venir. Esaïe, en annonçant la venue du Serviteur de l’Eternel (le Messie), écrivit : " Il a été maltraité et opprimé, et il n'a point ouvert la bouche, semblable à un agneau qu'on mène à la boucherie, à une brebis muette devant ceux qui la tondent; il n'a point ouvert la bouche" ( Esaïe [740-680 av. J.-C.]53:7). Et c’est en Jésus que Jean-Baptiste a reconnu cet agneau annoncé et attendu.

I.30 C'est celui dont j'ai dit: Après moi vient un homme qui m'a précédé, car il était avant moi.

I.31 Je ne le connaissais pas, mais c'est afin qu'il fût manifesté à Israël que je suis venu baptiser d'eau.

I.32 Jean rendit ce témoignage: J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe et s'arrêter sur lui.

I.33 Je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser d'eau, celui-là m'a dit: Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et s'arrêter, c'est celui qui baptise du Saint-Esprit (voir note 15.13).

1.33 : Lors du baptême de Jésus par Jean-Baptiste, " les cieux s'ouvrirent, et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection" (Matthieu 3:16-17).

Le baptême que pratiquait Jean-Baptiste était un rite connu à cette époque : le "baptême de repentance, pour la rémission des péchés" (Marc 1:4). Jésus n’ayant commis aucun péché (Jean 8.46 ; Hébreux 7:26 ; Coran Al-Imran,3.46) n’avait pas besoin de repentance. Jean-Baptiste le reconnaissait et essaya de s’opposer au baptême de Jésus en lui disant : " C’est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi, et tu viens à moi!" (Matthieu 3:14). Par son baptême, Jésus s’identifia aux pécheurs qu’ il est venu sauver. L’apôtre Paul écrira : "Celui qui n'a point connu le péché, (Dieu) l'a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu" (2 Corinthiens 5:21).

Mais avant de quitter la terre, Jésus institua le baptême au Nom du Dieu trinitaire comme signe d’appartenance au peuple de la Nouvelle Alliance : "Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au Nom (à noter:"au Nom" est au singulier! ) du Père, du Fils et du Saint-Esprit" (Matthieu 28:19). Dans tous les baptêmes mentionnés dans le Nouveau Testament, la foi précède le baptême : Actes 2.41 ; 8.36-37 ; 16.14-15 ; 18.8 ; 22.16. Par le baptême, le chrétien s’identifie au Christ mort et ressuscité pour lui :"Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. / En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection" (Romains 6:4-5). "Ayant été ensevelis avec lui par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui, par la foi en la puissance de Dieu, qui l'a ressuscité des morts" (Colossiens 2:12). Le baptême est aussi une demande ou un engagement d’une bonne conscience envers Dieu: "Cette eau (celle du déluge) était une figure du baptême, qui n'est pas la purification des souillures du corps, mais l'engagement d'une bonne conscience envers Dieu, et qui maintenant vous sauve, vous aussi, par la résurrection de Jésus-Christ" (1 Pierre 3:21).

I.34 Et j'ai vu, et j'ai rendu témoignage qu'il est le Fils de Dieu.

I.35 Le lendemain, Jean était encore là, avec deux de ses disciples;

I.36 et, ayant regardé Jésus qui passait, il dit: Voilà l'Agneau de Dieu (voir 1.29).

I.37 Les deux disciples l'entendirent prononcer ces paroles, et ils suivirent Jésus.

I.38 Jésus se retourna, et voyant qu'ils le suivaient, il leur dit: Que cherchez-vous? Ils lui répondirent: Rabbi, ce qui signifie Maître, où demeures-tu?

I.39 Venez, leur dit-il, et voyez. Ils allèrent, et ils virent où il demeurait; et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C'était environ la dixième heure (environ 16 heures).

I.40 André, frère de Simon Pierre, était l'un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean, et qui avaient suivi Jésus.

I.41 Ce fut lui qui rencontra le premier son frère Simon, et il lui dit: Nous avons trouvé le Messie ce qui signifie Christ.

1.41 : C’est la première fois que nous rencontrons les mots "Messie" et "Christ" appliqués à Jésus. "Messie" est la transcription française du mot hébreu "Mashiah"qui signifie l’ "oint" (celui qui a reçu l’onction) ; "Christ" est la transcription française du mot grec "Christos" et qui a la même signification que "Messie". Le mot "Messie" se rencontre 31 fois dans l’Ancien Testament et s’applique à ceux qui ont reçu l’onction royale (David, 2 Samuel 19.22), à ceux qui ont reçu l’onction sacerdotale (Exode 40.15) et à ceux qui ont reçu l’onction prophétique (1 Rois 19:16). Mais, dans plusieurs passages , le mot "Messie" s’applique au Messie à venir. Au Psaume 2, l’oint est encore appelé Fils (Psaume 2.2 , 7, 12). En Daniel 9.25-26, il est question d’un Oint qui sera retranché. C’est bien à Jésus-Christ que font allusion les deux passages prophétiques précédents, ainsi que le suivant : "L'Esprit du Seigneur, l'Éternel, est sur moi, car l'Éternel m'a donné l'onction. Il m'a envoyé pour porter de bonnes nouvelles à ceux qui sont humiliés; pour panser ceux qui ont le coeur brisé, pour proclamer aux captifs leur libération et aux prisonniers leur élargissement" (Esaïe 61.1). Le Coran applique en 9 endroits le titre de Messie (al-Massih) à Jésus : "Un jour les anges dirent à Marie : Allah t'annonce son Verbe (kalimatuhu). Il se nommera le Messie (al-Massih), Jésus fils de Marie, illustre dans ce monde et dans l'autre, et un des familiers (d'Allah) (Al-Imran,3.45; voir aussi An-Nisaa,4.157, 171, 172; Al-Maidah,5.17, 72, 75 ; At-Tauba,9.30, 31).

I.42 Et il le conduisit vers Jésus. Jésus, l'ayant regardé, dit: Tu es Simon, fils de Jonas ; tu seras appelé Céphas ce qui signifie Pierre.

I.43 Le lendemain, Jésus voulut se rendre en Galilée, et il rencontra Philippe. Il lui dit: Suis-moi.

I.44 Philippe était de Bethsaïda, de la ville d'André et de Pierre.

I.45 Philippe rencontra Nathanaël, et lui dit : Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi et dont les prophètes ont parlé, Jésus de Nazareth, fils de Joseph.

1.45 : "Vous sondez les Ecritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle: ce sont elles qui rendent témoignage de moi" (Jean 5:39). Les Ecritures de l’Ancienne Alliance contiennent de nombreuses prophéties concernant le Messie et qui se sont pleinement accomplies en lui. Ci-après un tableau de quelques prophéties et de leur accomplissement. "Dis aux hommes des Écritures: Vous ne vous appuierez sur rien de solide, tant que vous n'observerez pas le Pentateuque, l'Évangile..." (Coran Al-Maidah,5.68).

Evénements prophétisésProphéties
(Dates approximatives)
Accomplissement
Naissance d’une viergeEs 4.17 (740-680 av.J.C) Mt 1.22-23
naissance à BethléhemMi 5.1 (745-715 av. J.C)Mt 2.1
De la tribu de JudaGn 49.10Mt 1.1,3
Descendant de DavidEs 11.1 (740-680 av.J.C)
Jr 23.5 (626-585 av. J.C)
Mt 1.6 ; 9.27
Ro 1.3
Massacre d’enfants à sa naissanceJr 31.15Mt 2.16-18
Chemin préparéEs 40.3
Mal 3.1 (440-430 av. J.C.)
Mt 11.10
Prédication en parabolesPs 78.2 (10° siècle av.J.C.)Mt 13.31-35
Guérisons des aveuglesEs 29.18Mt 9.27
Guérisons des sourdsEs 35.5Mc 7.32
Guérisons des boiteuxEs 35.6Jn 5.2
Guérisons des muetsEs 32.4Mt 9.32
Sa présence au TempleMal 3.1
Aggée 2.7-9 (520 av. J.C.)
Lc 2.22
Lc 22.46, 53
Entrée à Jérusalem sur un âneZa 9.9 (520-480 av. J.C.)Mt 21.4-5
Trahi par un disciple et vendu
pour 30 pièces d’argent
Ps 41.9-10
Za 11.12, 13
Jn 17.12
Mt 27.3-7
Frappé, maltraitéEs 50.6Jn 19.1-5
Cloué à la croixPs 22.17Mc 15.25
Prière pour ses bourreauxEs 53.12Lc 23.34
Ses vêtements tirés au sortPs 22.19Jn 19.23-24
A reçu du fiel et du vinaigrePs 69.22Mt 27.33-38
Apparemment abandonné de DieuPs 22.2Mt 27.46
Aucun de ses os n’est briséEx 12.46 Jn 19.33,36
Sa mort expiatoireEs 53.5-121 Pi 2.24 ; 1Pierre 3.18
Obscurcissement du soleilAm 8.9 (760-750 av. J.C.)Mt 27.45
Sa résurrection Ps 16.10; Es 53.10Mc 16.6;Ac 2.31
Son Ascension au cielPs 110.1; Os 5.15 (750-715 av. J.C.)Ac 1.9; Ep 4.8
Dispensation du St-EspritJo 2.28-29 (830 av. J.C. )Ac 2.16, 32, 33

I.46 Nathanaël lui dit: Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon? Philippe lui répondit: Viens, et vois.

1.46 : Jésus est née à Bethléhem en Judée (Matthieu 2.2 ; Jean 7.42). Pour se soustraire au massacre des jeunes enfants, perpétré par le roi Hérode (Matthieu 2.16), Marie et Joseph s’enfuirent, avec l’enfant Jésus en Egypte. Après la mort d’Hérode, Joseph, avec Marie et Jésus vinrent "demeurer dans une ville appelée Nazareth, afin que s'accomplît ce qui avait été annoncé par les prophètes: Il sera appelé Nazaréen" (Matthieu 2:23).

Esaïe avait prophétisé en ces termes : "Puis un rameau sortira du tronc d'Isaï, et un rejeton (en hébreu: netser) naîtra de ses racines. L'Esprit de l'Eternel reposera sur lui..." (Esaïe [740-680 av. J.-C.] 11.1, 2a). Or Nazareth ("Netseret") est simplement la forme féminine de "netser". Il y a là un jeu de mot évident ; le Messie est doublement "netser" : d'abord en tant que rejeton d'Isaï, ensuite en tant qu' habitant de Netseret.

I.47 Jésus, voyant venir à lui Nathanaël, dit de lui: Voici vraiment un Israélite, dans lequel il n'y a point de fraude.

I.48 D'où me connais-tu? lui dit Nathanaël. Jésus lui répondit: Avant que Philippe t'appelât, quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu.

I.49 Nathanaël répondit et lui dit: Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d'Israël.

1.49 : Jésus a reconnu devant le gouverneur Pilate qu’il était le roi des Juifs (Matthieu 27.11). Et l’Apocalypse le qualifie de " Seigneur des seigneurs et de Roi des rois"(Apocalypse 17:14). Par l’épître aux Philippiens, nous apprenons que Jésus " existant en forme de Dieu, n'a point regardé comme une proie à arracher d'être égal avec Dieu, / mais s'est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes;/ et ayant paru comme un simple homme, / il s'est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort de la croix./ C'est pourquoi aussi Dieu l'a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom,/ afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre" (Philippiens 2.6-10).

I.50 Jésus lui répondit: Parce que je t'ai dit que je t'ai vu sous le figuier, tu crois; tu verras de plus grandes choses que celles-ci.

I.51 Et il lui dit: En vérité, en vérité, vous verrez désormais le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l'homme.

1.51 : Jésus fait allusion ici au songe de Jacob (que le Coran mentionne 29 fois): "Il (Jacob) eut un songe. Et voici, une échelle était appuyée sur la terre, et son sommet touchait au ciel. Et voici, les anges de Dieu montaient et descendaient par cette échelle" (Genèse 28:12 ). Cette échelle était le lien qui unissait ciel et terre. En raison de sa parfaite divinité et de sa parfaite humanité, Jésus, le seul médiateur entre Dieu et les hommes (1 Timothée 2.5), représente cette échelle de communication entre le ciel et la terre.

Mais les anges - des esprits au service de Dieu (Hébreux 1 : 13-14) - étaient présents tout au long de la vie de Jésus. C’est l’ange Gabriel qui annonça à Marie la naissance miraculeuse de Jésus ((Luc 1 : 26 : Coran A1l-Imran,3.42 et 45). Les anges étaient présents à la naissance de Jésus (Luc 2:9-10; 13-15) ; ils le servirent après son jeûne de quarante jours ( Matthieu 4:11) et le fortifièrent durant son agonie (Luc 22:43). Ils étaient présents lors de sa résurrection et de son ascension (Matthieu 28:2,5 ; Jean 20 : 12 ; Actes 1 : 11) et l’accompagneront à son Retour glorieux (Matthieu 16:27 ; 25:31; 2 Thessaloniciens 1:7).

 

Chapitre II

II.1 Trois jours après, il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là,

II.2 et Jésus fut aussi invité aux noces avec ses disciples.

2.2 : Jésus n’a pas décliné l’invitation à cette fête de noce. Le mariage a été institué par Dieu, dès la création d’Eve : Lorsque Dieu présenta Eve à Adam, celui-ci dit : "Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair! on l'appellera femme( en hébreu :"ischah"), parce qu'elle a été prise de l'homme ( en hébreu : "isch"). C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair"(Genèse 2:23-24). Le mariage, monogame, avait été instauré dans le but de durer. "Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. Que l'homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint" ( Matthieu 19:6). Bien qu’il y eut des polygames sous l’Ancienne Alliance (Abraham, Jacob, Moïse Gédéon, Elqana, Saül, David, Salomon, Roboam et d'autres encore), c’est la monogamie qui était encouragée :"Que ta source soit bénie, et fais ta joie de la femme de ta jeunesse, / biche des amours, gazelle pleine de grâce: Sois en tout temps enivré de ses charmes, sans cesse épris de son amour" (Proverbes 5:18-19). Le Coran diffère de la Révélation biblique, en ce qui concerne le mariage. Il tolère la polygamie (jusqu’à 4 épouses, sans compter les concubines) (An-Nisaa,4.3), avec une prérogative particulière pour le Prophète Mohammed (Al-Ahzab,33.50).)

II.3 Le vin ayant manqué, la mère de Jésus lui dit: Ils n'ont plus de vin.

II.4 Jésus lui répondit: Femme, qu'y a-t-il entre moi et toi? Mon heure n'est pas encore venue.

II.5 Sa mère dit aux serviteurs: Faites ce qu'il vous dira.

2.5 : Les évangiles selon Matthieu et Luc insistent sur la naissance virginale de Jésus (Matthieu 1.23; Luc 1.27 ), accomplissement de la prophétie d’Esaïe 7.14 : "C'est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe, Voici, la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d'Emmanuel". ( Esaïe utilise ici le mot hébreu : "`almah", qui signifie :" vierge" en Genèse 24.43 et Exode 2.8). Le Coran parle aussi de la naissance virginale en plusieurs endroits (An-Anbiyaa,21.91;At-Tahrim, 66.12). Mais les évangiles ne parlent nulle part d’une virginité perpétuelle de Marie. (Voir note 2.12 concernant les frères de Jésus).L’évangile de Jean insiste surtout sur les aspects et la portée théologiques des événements de la vie de Jésus.

Après les noces de Cana, Marie joue ensuite un rôle

discret dans les Evangiles. Les dernières paroles d’elles sont celles qu’elle prononça aux noces de Cana : "Faites ce qu’il vous dira". On retrouve Marie au pied de la croix (Jean 19 : 25), puis après la résurrection de Jésus, dans le livre des Actes : "Tous (c’est-à-dire les apôtres) d'un commun accord persévéraient dans la prière, avec les femmes, et Marie, mère de Jésus, et avec les frères de Jésus " (Actes 1:14). Marie, dans cette liste, n’est pas citée en premier et il n’en sera plus question ensuite dans tout le Nouveau Testament . Le Coran mentionne Marie, la mère de Jésus, 33 fois. Comme nous l’avons déjà vu (note 2.5)), Le Coran reconnaît que Marie a enfanté Jésus miraculeusement, sans intervention humaine. Pour le Coran, la vierge Marie vécut au Temple de Jérusalem, où elle aurait été nourri miraculeusement (Al-Imran,3.37). Cet événement n’est pas relaté dans les Evangiles canoniques, mais dans un écrit apocryphe (Le Protoévangile de Jacques,VII, VIII).

II.6 Or, il y avait là six vases de pierre, destinés aux purifications des Juifs, et contenant chacun deux ou trois mesures (une mesure: environ 40 litres).

II.7 Jésus leur dit: Remplissez d'eau ces vases. Et ils les remplirent jusqu'au bord.

II.8 Puisez maintenant, leur dit-il, et portez-en à l'ordonnateur du repas. Et ils en portèrent.

II.9 Quand l'ordonnateur du repas eut goûté l'eau changée en vin, - ne sachant d'où venait ce vin, tandis que les serviteurs, qui avaient puisé l'eau, le savaient bien, - il appela l'époux,

II.10 et lui dit: Tout homme sert d'abord le bon vin, puis le moins bon après qu'on s'est enivré; toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à présent.

2.10 : L’Ancien Testament interdisait l’usage de vin aux Naziréens (Nombres 6.3) pendant la durée de leur consécration, aux sacrificateurs durant leur fonction sacerdotale (Lévitique 10 :9), aux Rois (Proverbes 31:4-6); le Nouveau Testament demande de n’en faire qu’ un usage modéré (Ephésiens 5:18 ; 1 Timothée 3:3; 3:8 ; 5:23; Tite 2:3). Le Coran interdit l’ivresse durant la prière (An-Nisaa,4.43) et recommande de s’abstenir de vin (Al-Maidah,5.90), bien que du vin exquis soit promis aux habitants du paradis (Al-Mutaffifo, 83.25).

II.11 Tel fut, à Cana en Galilée, le premier des miracles que fit Jésus. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

2.11 : Les disciples furent les douze premiers partisans de Jésus, encore appelés "Apôtres". Ce furent: "Simon appelé Pierre, et André, son frère; Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère; /Philippe, et Barthélemy (ou Nathanaël de Cana en Galilée); Thomas, et Matthieu, le publicain; Jacques, fils d'Alphée, et Thaddée (ou Jude, fils de Jacques ) / Simon le Cananite (le zélote), et Judas l'Iscariot, celui qui livra Jésus" (Matthieu 10:2-4 ; Luc 6 :14-16 ; Jean 1.45-49 ; 21.2). Le Coran parle des apôtres de Jésus (al-hawâriyyoûna) en Al-Imran,3.52 ; Al-Maidah, 5.111 et 112, As-Saff,61.14 et les appelle : "auxiliaires ou aides d’Allah (ansarou allahi)"en Al-Imran,3.52 et As-Saff,61.14.

Mais le terme de "disciples" est aussi réservé aux croyants, c’est-à-dire aux chrétiens (Actes 11 : 26). L’évangile en donne les caractéristiques : préférer Jésus à tout et à tous et porter sa croix (Luc 14 :26-27, 33), demeurer dans sa parole (Jean : 8.31), avoir de l’amour les uns pour les autres (Jean 13 :35), porter beaucoup de fruit (Jean : 15.8). Avant de remonter au ciel, Jésus donna cet ordre aux douze : "Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, /et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde" (Matthieu 28:19-20 ).(voir aussi 15.20).

 

II.12 Après cela, il descendit à Capernaüm (au nord-ouest du lac de Galilée), avec sa mère, ses frères et ses disciples, et ils n'y demeurèrent que peu de jours.

2.12 : Il est question ici des frères de Jésus. Ce sont "Jacques, Joseph, Simon et Jude" (Matthieu 13:55 ; Marc 6.3). Jésus avait aussi des soeurs, dont le Nouveau Testament ne donne pas les noms (Matthieu 13:56 ; Marc 6:3). L’apôtre Paul parle de Jacques, en l’appelant " le frère du Seigneur" (Galates 1:19 ). Il déclare ailleurs que certains apôtres, dont Céphas (Pierre), et "les frères du Seigneur" étaient mariés (1Corinthiens 9:5).

Les frères de Jésus accompagnaient souvent Marie (Jean 2:12; Matthieu 12:47 ; Luc 8:19), et il est dit d’eux qu’ils ne croyaient pas en lui (Jean 7:5). Ce n’est qu’après la résurrection qu’ils crurent en Jésus (Actes 1.14). Il est difficile d’admettre que ces " frères" étaient seulement des cousins ou de proches parents. En effet, les apôtres Jean et Jacques étaient des cousins de Jésus, et ils croyaient en lui. Et, pour parler de "cousin", le Nouveau Testament utilise le mot grec "anepsios" (Colossiens 4.10), et, pour parler de "parenté", il utilise les expressions "oi par autou" (Marc 3:21) ou "suggénéia" (Luc 1.61 ; Actes 7.3, 14) ou "suggénis" (Luc1:36) ou "suggenès" (Marc 6:4; Luc 1:58 ; 2:44 ; 14:12 ; 21:16 ; Jean 18:26 ; Actes 10 :24 ; Romains 9:3 ; 16:7, 11, 21).

L’évangile dit que Joseph ne connut point Marie "jusqu'à ce qu'elle eût enfanté un fils"( Matthieu 1:25). Ce fils est appelé "premier-né" (Luc 2:7, 23) et jamais "fils unique" de Marie.

Certains veulent voir dans les "frères" de Jésus, des demi-frères, c’est-à-dire des enfants que Joseph aurait eu d’un précédent mariage, selon "L’histoire de Joseph le charpentier" (livre apocryphe datant du IV ème ou V ème siècle).Ces demi-frères seraient donc plus âgés que Jésus. Mais alors, où étaient ces "soit- disant demi-frères" lors de la naissance de Jésus, lors de la fuite en Egypte? Où étaient-ils, lorsqu’ à douze ans, Jésus était resté à Jérusalem, à l’insu de ses parents ? Ceux-ci "le cherchèrent parmi leurs parents et leurs connaissances" (Luc2:44) et non pas parmi ses (demi-)frères. On ne comprendrait pas non plus pourquoi des demi-frères, plus âgés que Jésus - qui avait environ trente ans (Luc 3:23) lorsqu’il commença son ministère - vivaient encore auprès de Marie (Matthieu 12: 46 et parallèles) et l’accompagnaient régulièrement.

II.13 La Pâque des Juifs était proche, et Jésus monta à Jérusalem.

2.13 : La Pâque est l’une des trois solennités où les Juifs devaient se rendre au Temple. Cette fête commémorait la sortie d’Egypte: " Cette nuit sera célébrée en l'honneur de l'Eternel, parce qu'il les fit sortir du pays d'Egypte; cette nuit sera célébrée en l'honneur de l'Eternel par tous les enfants d'Israël et par leurs descendants" (Exode 12:42). A la Pâque, les Juifs immolaient un agneau sans défaut qui devait être rôti au feu et mangé "avec des pains sans levain et des herbes amères" (Exode 12:5, 8).

II.14 Il trouva dans le temple les vendeurs de boeufs, de brebis et de pigeons, (pour servir aux divers sacrifices) et les changeurs assis.

II.15 Ayant fait un fouet avec des cordes, il les chassa tous du temple, ainsi que les brebis et les boeufs; il dispersa la monnaie des changeurs, et renversa les tables;

II.16 et il dit aux vendeurs de pigeons: Otez cela d'ici, ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic.

II.17 Ses disciples se souvinrent qu'il est écrit : Le zèle de ta maison me dévore (Psaume 69.10).

II.18 Les Juifs, prenant la parole, lui dirent: Quel miracle nous montres-tu, pour agir de la sorte?

II.19 Jésus leur répondit: Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai.

II.20 Les Juifs dirent: Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce temple, et toi, en trois jours tu le relèveras!

II.21 Mais il parlait du temple de son corps.

II.22 C'est pourquoi, lorsqu'il fut ressuscité des morts, ses disciples se souvinrent qu'il avait dit cela, et ils crurent à l'Ecriture et à la parole que Jésus avait dite.

II.23 Pendant que Jésus était à Jérusalem, à la fête de Pâque (Voir note 2.13), plusieurs crurent en son nom, voyant les miracles qu'il faisait.

2.23 : Les miracles de Jésus furent innombrables et ne sont pas tous consignés dans les évangiles. L’apôtre Jean conclut son évangile par cette affirmation : "Jésus a fait encore beaucoup d'autres choses; si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde même pût contenir les livres qu'on écrirait"(Jean 21:25). Mais les miracles consignés dans le Nouveau Testament sont suffisants pour confirmer la divine autorité de Jésus. Celle-ci s’est exercée :

Premièrement, sur le monde physique : transformation de l’eau en vin (Jean 2:11) ; deux multiplications de pains et de poissons (Matthieu 14 :19-20 ; 15:36) ; deux pêches miraculeuses (Luc 5:6 ; Jean 21:6) ; la marche sur l’eau (Jean 6:19) ; la traversée des portes closes à deux reprises (Jean 20:19 et 26), la tempête apaisée (Jean 6:18). Après ce miracle, les disciples furent dans l’étonnement et se dirent : "Quel est donc celui-ci, qui commande même au vent et à l'eau, et à qui ils obéissent ?" (Luc 8:25). Jésus a accompli ce miracle de sa propre autorité.

Deuxièmement, sur les maladies : Jésus guérissait toute maladie et toute infirmité (Matthieu 4:23 ; 9:35 ; 12:15). Les évangiles mentionnent tout particulièrement les guérisons suivantes : paralysie (Luc 5:18) ; état grabataire (Jean 5:5) ; cécité (Jean 9:8); surdité et mutisme (Matthieu 9.32) ; lèpre (Luc 5:12 ;17:12); hydropisie (Luc 14:2) ; hémorroïsse (perte de sang) (Luc 8:43) ; main sèche (paralysée) (Luc 6:6) ; fièvre (Luc 4:38) ; inflexion du corps (Luc 13:11); traumatisme de l’oreille (Luc 22:51). Jésus demanda quelquefois aux malades : "Croyez-vous que je puisse faire cela ?"(Matthieu 9:28). Au lépreux, il déclara : "Je le veux, sois pur"(Matthieu 8:3 ; Marc 1:41 ; Luc 5:13). Au paralytique, Jésus dit : " Je te l'ordonne... lève-toi, prends ton lit, et va dans ta maison" (Marc 2:11).

Troisièmement, sur le monde spirituel : Jésus chassa un grand nombre de démons (Matthieu 8:28 ; 9:32 ; 12:22 ; 17:17; Luc 13:11). A l’esprit impur qui rendait un enfant sourd et muet, Jésus commande : " Esprit muet et sourd, je te l'ordonne, sors de cet enfant, et n'y rentre plus" (Marc 9:25)

Quatrièmement, sur la mort : Jésus ressuscita de nombreux morts (Jean 11:39-44 ; Luc 7:11 ; Luc 8 : 41, 55). Au fils mort de la veuve de Naïn, Jésus ordonna : "Jeune homme, je te le dis, lève-toi!" (Luc 7:14).

Le Coran mentionne quelques-uns de ces miracles et en rajoute quelques autres : Jésus parle déjà au berceau; il anime des figurines d’oiseau en argile (voir 1.3), il guérit l’aveugle et le lépreux, et il ressuscite des morts et fait descendre du ciel une table garnie (Al-Maidah,5.110, 114). Le Coran précise que Jésus accomplit ces miracles "avec la permission d’Allah".

Bien que Jésus ait opéré par sa propre autorité, il reconnaît qu’il agit "selon l'ordre que le Père lui a donné"(Jean 14:3). Il y a accord parfait entre le Père et le Fils, car le Père est en Jésus, et Jésus est en son Père (Jean 10:38 ; 14:10 et 11). (voir 1.2; 1.3; 8.24; 14.28)

II.24 Mais Jésus ne se fiait point à eux, parce qu'il les connaissait tous,

II.25 et parce qu'il n'avait pas besoin qu'on lui rendît témoignage d'aucun homme; car il savait lui-même ce qui était dans l'homme.

Chapitre III

III.1 Mais il y eut un homme d'entre les pharisiens, nommé Nicodème (voir notes 1.19 et 4.9), un chef des Juifs,

III.2 qui vint, lui, auprès de Jésus, de nuit, et lui dit: Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu; car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n'est avec lui.

III.3 Jésus lui répondit: En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu.

III.4 Nicodème lui dit: Comment un homme peut-il naître quand il est vieux? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître?

III.5 Jésus répondit: En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu.

III.6 Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'Esprit est esprit (voir note 16.13).

III.7 Ne t'étonne pas que je t'aie dit:

Il faut que vous naissiez de nouveau.

3.7 : Cette nouvelle naissance, opérée par le Saint-Esprit, est encore appelée "nouvelle création". " Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature (ou une nouvelle création). Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. / Et tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par le Christ, et qui nous a donné le ministère de la réconciliation. / Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en n'imputant point aux hommes leurs offenses.... " ( 2 Corinthiens 5:17-19). "Car ce n'est rien que d'être circoncis ou incirconcis; ce qui est quelque chose, c'est d'être une nouvelle créature" (Galates 6:15). Cette transformation est encore qualifiée par l’apôtre Paul de "régénération et renouvellement du Saint-Esprit" (Tite 3.5). La nouvelle naissance est le gage de notre salut ; sans elle, il n’y a point de salut (Jean 3.3, 5, 7). Elle a lieu lorsque l’homme repentant se détourne de son passé sans Dieu et se tourne vers Dieu, en acceptant Jésus-Christ comme son Seigneur et son Sauveur. Alors l’Esprit de Dieu entre dans sa vie et le renouvelle.

III.8 Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit; mais tu ne sais d'où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l'Esprit (voir note 16.13).

III.9 Nicodème lui dit: Comment cela peut-il se faire?

III.10 Jésus lui répondit: Tu es le docteur d'Israël, et tu ne sais pas ces choses!

III.11 En vérité, en vérité, je te le dis, nous disons ce que nous savons, et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu; et vous ne recevez pas notre témoignage.

III.12 Si vous ne croyez pas quand je vous ai parlé des choses terrestres, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses célestes?

III.13 Personne n'est monté au ciel, si ce n'est celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme qui est dans le ciel.

III.14 Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l'homme soit élevé,

III.15 afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle.

3.15 : Ici, Jésus fait allusion à un événement qui s’était produit lors de l’exode (la sortie d’Egypte). Les juifs avaient murmuré contre Moïse et contre Dieu. "Alors l'Eternel envoya contre le peuple des serpents brûlants; ils mordirent le peuple, et il mourut beaucoup de gens en Israël. / Le peuple vint à Moïse, et dit: Nous avons péché, car nous avons parlé contre l'Eternel et contre toi. Prie l'Eternel, afin qu'il éloigne de nous ces serpents. Moïse pria pour le peuple. / L'Eternel dit à Moïse: Fais-toi un serpent brûlant, et place-le sur une perche; quiconque aura été mordu, et le regardera, conservera la vie. /Moïse fit un serpent d'airain, et le plaça sur une perche; et quiconque avait été mordu par un serpent, et regardait le serpent d'airain, conservait la vie" (Nombres 21:6-9 ). Mais les enfants d’Israël en firent vite un objet d’idolâtrie: " Il (le roi Ezéchias, fils d’Achaz, roi de Juda) fit disparaître les hauts lieux, brisa les statues, abattit les idoles, et mit en pièces le serpent d'airain que Moïse avait fait, car les enfants d'Israël avaient jusqu'alors brûlé des parfums devant lui: on l'appelait Nehuschtan" (2 Rois 18:4 ) ].

C’est ici la première allusion à la crucifixion de Jésus. Celle-ci avait été prophétisée, en particulier au Psaume 22 : " Car des chiens m'environnent, une bande de scélérats rôdent autour de moi, ils ont percé mes mains et mes pieds" ( Psaume 22:17). Jésus ressuscité montra les traces de la crucifixion à Thomas et lui dit : "Avance ici ton doigt, et regarde mes mains ; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté; et ne sois pas incrédule, mais crois. Thomas lui répondit : Mon Seigneur et mon Dieu! " (Jean 20:27-28). Au chapitre 19 et au verset 37 de l’ évangile, Jean cite Zacharie [520-480 av. J.-C.] : "Alors je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication, et ils tourneront les regards vers moi, celui qu'ils ont percé. Ils pleureront sur lui comme on pleure sur un fils unique, ils pleureront amèrement sur lui comme on pleure sur un premier-né" ( Zacharie 12:10). Le Coran émet des doutes concernant la crucifixion : " Ils (les Juifs) disent: Nous avons mis à mort le Messie, Jésus fils de Marie, l'envoyé d'Allah. Non, ils ne l'ont point tué, ils ne l'ont point crucifié; un homme qui lui ressemblait fut mis à sa place (littéralement : il lui fut ressemblé pour eux,[walakin subbiha lahum] ) et ceux qui disputaient là-dessus ont été eux-mêmes dans le doute. Ils ne le savaient pas de science certaine, ils ne faisaient que suivre une opinion. Ils ne l'ont point tué réellement" (An-Nisaa,4.157). Comme c’est l’unique texte du Coran qui conteste la réalité de la crucifixion, et qu’il est adressé aux seuls Juifs (jamais le Coran ne reproche aux Chrétiens de croire en la crucifixion), il est légitime d’interpréter ce texte ainsi: "Les Juifs ont dit qu’ils ont tué le Messie à la Croix ; cela leur est bien apparu ainsi ; mais ils ne l’ont pas tué pour de bon, puisqu’il est ressuscité". C’est l’interprétation d’Ikwân al-Safa (983), de Abu Hâtim Razî (934) et de Mû’ayyad Chîrazî (1077). Quant à ceux qui croient en une substitution, ils sont, selon Razî en désaccord sur la personne qui aurait été crucifié à la place de Jésus. Mais le Coran reconnaît qu’à présent le Christ est auprès de Dieu. "Allah l'a élevé à lui" (An-Nisaa,4.158).

Le Coran reconnaît cependant l’éventualité de la mort de Jésus, lorsqu’il affirme : "Certes, c'est moi qui vais te rappeler à moi [le verbe" tawaffa" utilisé ici signifie aussi: faire mourir] , et c'est moi qui t'élève à moi"(Al-Baqara,3.55).

L’éventualité de la mort de Jésus apparaît aussi dans les propres paroles de Jésus, rapportées par le Coran : " La paix sera sur moi au jour où je naquis et au jour où je mourrai, et au jour où je serai ressuscité" (Maryam,19.33). Jésus utilise ici les mêmes paroles que celles appliquées à Jean-Baptiste en Maryam,19.15. Qu’un prophète puisse être crucifié ressort aussi de Al-Baqara,2.87 qui dit : "Toutes les fois qu'un envoyé (d'Allah) vous a apporté une révélation qui ne flattait pas vos passions, vous vous êtes enflés d'orgueil; vous avez traité les uns de menteurs et vous en avez assassiné d'autres".

 

III.16 Car Dieu a tant aimé le monde
qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle

3.16 : Ce verset résume en quelques mots le message de tout l’Evangile.

Le salut résulte de la seule foi :" Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. / Ce n'est point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie. / Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes oeuvres, que Dieu a préparées d'avance, afin que nous les pratiquions" (Ephésiens 2:8-10). Les bonnes oeuvres ne produisent pas le salut, mais en résultent. Ce salut est réservée à "quiconque croit". Car Dieu veut " que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité" (1 Timothée 2:4). Et Dieu "... use de patience envers vous, ne voulant pas qu'aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance"(2 Pierre 3:9).

Ce salut est un don gratuit de Dieu en faveur des hommes qui se tournent vers lui : "Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu; / et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. / C'est lui que Dieu a destiné, par son sang, à être, pour ceux qui croiraient victime propitiatoire" (Romains 3.23-25).

Bien que le Coran proclame : "Allah ne veut pas le mal des humains" (Al-Imran,3.108), il affirme en bien des endroits que "Allah égare celui qu'il veut, et conduit celui qu'il veut dans le sentier droit". (Al-Imran, 3.129 ; Maryam, 5.40 ; Al-Anam,6.39 ; Ibrahim,14.4 ; An-Nahl,16.93 ; Al-Ankabut, 29.21 ; Fatir,35.8 ; Al-Fath, 48.14 ; Al-Muddathir,74.31. Le Coran fait ensuite dépendre le salut des efforts (Al-Imran,3.133), de la pratique de bonnes oeuvres (An-Nisaa, 4.124; An-Nahl, 16.32) ou du sacrifice de sa vie (Al-Hajj,22.58).

Le salut, selon l’Evangile, résulte, par contre, non des oeuvres, mais de la seule foi. Il ne s’agit pas d’une foi en une doctrine, mais d’une foi en une personne, celle du Sauveur Jésus-Christ. La foi qui sauve a un triple aspect : connaissance du Sauveur et de son enseignement, confiance en son oeuvre et ses promesses et conformité à ses exigences et ses commandements.

III.17 Dieu, en effet, n'a pas envoyé son Fils (lors de sa première venue) dans le monde pour qu'il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. (Mais Jésus exercera le jugement à sa deuxième venue, c’est-à-dire à son retour (Jean 5:22 ; Actes 17:31 ; Romains 2:16).

III.18 Celui qui croit en lui n'est point jugé; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

III.19 Et ce jugement c'est que, la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs oeuvres étaient mauvaises.

III.20 Car quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière, de peur que ses oeuvres ne soient dévoilées;

III.21 mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses oeuvres soient manifestées, parce qu'elles sont faites en Dieu.

III.22 Après cela, Jésus, accompagné de ses disciples, se rendit dans la terre de Judée (territoire situé au Sud de Jérusalem, entre la mer Morte et la mer Méditerranée); et là il demeurait avec eux, et il baptisait.

III.23 Jean aussi baptisait à Enon, près de Salim, parce qu'il y avait là beaucoup d'eau; et on y venait pour être baptisé.

3.23 : Baptiser signifie "immerger". Cela était possible à Enon," parce qu’il y avait là beaucoup d’eau". (Voir aussi notes 1.28 , 1.33)

III.24 Car Jean n'avait pas encore été mis en prison.

III.25 Or, il s'éleva de la part des disciples de Jean une dispute avec un Juif touchant la purification.

III.26 Ils vinrent trouver Jean, et lui dirent: Rabbi, celui qui était avec toi au delà du Jourdain (ce cours d’eau coulant du nord au Sud de la Terre Sainte, se jette d’abord dans la mer ou lac de Galilée et rejoint ensuite la mer Morte), et à qui tu as rendu témoignage, voici, il baptise, et tous vont à lui.

III.27 Jean répondit: Un homme ne peut recevoir que ce qui lui a été donné du ciel.

III.28 Vous-mêmes m'êtes témoins que j'ai dit: Je ne suis pas le Christ, mais j'ai été envoyé devant lui.

III.29 Celui à qui appartient l'épouse, c'est l'époux; mais l'ami de l'époux, qui se tient là et qui l'entend, éprouve une grande joie à cause de la voix de l'époux: aussi cette joie, qui est la mienne, est parfaite.

III.30 Il faut qu'il croisse, et que je diminue.

III.31 Celui qui vient d'en haut est au-dessus de tous; celui qui est de la terre est de la terre, et il parle comme étant de la terre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous,

III.32 il rend témoignage de ce qu'il a vu et entendu, et personne ne reçoit son témoignage.

III.33 Celui qui a reçu son témoignage a certifié que Dieu est vrai;

III.34 car celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, parce que Dieu ne lui donne pas l'Esprit avec mesure (voir note 16.13).

III.35 Le Père aime le Fils, et il a remis toutes choses entre ses mains.

III.36 Celui qui croit au Fils a la vie éternelle;

celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie,

mais la colère de Dieu demeure sur lui.

Chapitre IV

IV.1 Le Seigneur sut que les pharisiens avaient appris qu'il faisait et baptisait plus de disciples que Jean.

IV.2 Toutefois Jésus ne baptisait pas lui-même, mais c'étaient ses disciples.

IV.3 Alors il quitta la Judée (voir Jean III.26) , et retourna en Galilée (située au Nord de la Terre Sainte).

IV.4 Comme il fallait qu'il passât par la Samarie (située entre la Judée et la Galilée),

IV.5 il arriva dans une ville de Samarie, nommée Sychar, près du champ que Jacob avait donné à Joseph, son fils.

IV.6 Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué du voyage, était assis au bord du puits. C'était environ la sixième heure (environ midi).

IV.7 Une femme de Samarie vint puiser de l'eau. Jésus lui dit: Donne-moi à boire.

IV.8 Car ses disciples étaient allés à la ville pour acheter des vivres.

IV.9 La femme samaritaine lui dit: Comment toi, qui es Juif, me demandes-tu à boire, à moi qui suis une femme samaritaine? -Les Juifs, en effet, n'ont pas de relations avec les Samaritains. -

IV.10 Jésus lui répondit: Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit: Donne-moi à boire! tu lui aurais toi-même demandé à boire, et il t'aurait donné de l'eau vive.

IV.11 Seigneur, lui dit la femme, tu n'as rien pour puiser, et le puits est profond; d'où aurais-tu donc cette eau vive?

IV.12 Es-tu plus grand que notre père Jacob, qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, ainsi que ses fils et ses troupeaux?

IV.13 Jésus lui répondit:

Quiconque boit de cette eau aura encore soif;

IV.14 mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai

n'aura jamais soif, et l'eau que je lui donnerai

deviendra en lui une source d'eau qui jaillira

jusque dans la vie éternelle.

IV.15 La femme lui dit: Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n'aie plus soif, et que je ne vienne plus puiser ici.

IV.16 Va, lui dit Jésus, appelle ton mari, et viens ici.

IV.17 La femme répondit: Je n'ai point de mari. Jésus lui dit: Tu as eu raison de dire: Je n'ai point de mari.

IV.18 Car tu as eu cinq maris, et celui que tu as maintenant n'est pas ton mari. En cela tu as dit vrai (voir aussi note 8.4).

4.18 : Si cette femme a eu cinq maris, c’est qu’elle a souvent été répudiée. Mais, nous dit Jésus, la répudiation résulte de la dureté de coeur (Matthieu 19.8). Le divorce n’est autorisée qu’en cas d’infidélité invétérée (en grec: " pornéia") (Matthieu 5.32, 19.6,9 ; Marc 10.9) ou si un conjoint non croyant veut se séparer de son conjoint croyant (1 Corinthiens 7.15). La répudiation, bien qu’encadrée, n’est pas interdite dans le Coran (Al-Baqara,2.226-230 et 242; At-Talaq, 65.1-2).

IV.19 Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es prophète.

IV.20 Nos pères ont adoré sur cette montagne; et vous dites, vous, que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem.

IV.21 Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l'heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père.

IV.22 Vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.

IV.23 Mais l'heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; car ce sont là les adorateurs que le Père demande.

IV.24 Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l'adorent
l'adorent en esprit et en vérité.

4.24 : Les Samaritains pensaient qu’il fallait adorer Dieu sur le mont Garizim en Samarie, les Juifs pensaient que c’était à Jérusalem qu’il fallait adorer. Jésus qui respectait la Loi, se rendit à Jérusalem " trois fois par année"(Exode 23.17, Deutéronome 16.16). Dans sa réponse à la Samaritaine, Jésus lui rappelle que le salut - c’est-à-dire le Messie - venait du sein du peuple juif. Mais Jésus affirme ici que Dieu accorde la priorité à l’attitude intérieure plutôt qu’ aux pèlerinages

(Hadjj : voir Al-Baqara, 2.196 ; Al-Hajj,22.27). L’apôtre Paul dira que "fête, nouvelle lune, sabbats" n’ étaient que " l’ombre des choses à venir", la réalité étant en Christ (Colossiens 2.16-17).

IV.25 La femme lui dit: Je sais que le Messie doit venir celui qu'on appelle Christ; quand il sera venu, il nous annoncera toutes choses.

IV.26 Jésus lui dit : Je le suis, moi qui te parle.

IV.27 Là-dessus arrivèrent ses disciples, qui furent étonnés de ce qu'il parlait avec une femme. Toutefois aucun ne dit: Que demandes-tu? ou: De quoi parles-tu avec elle?

IV.28 Alors la femme, ayant laissé sa cruche, s'en alla dans la ville, et dit aux gens:

IV.29 Venez voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait; ne serait-ce point le Christ?

IV.30 Ils sortirent de la ville, et ils vinrent vers lui.

IV.31 Pendant ce temps, les disciples le pressaient de manger, disant: Rabbi, mange.

IV.32 Mais il leur dit: J'ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas.

IV.33 Les disciples se disaient donc les uns aux autres: Quelqu'un lui aurait-il apporté à manger?

IV.34 Jésus leur dit: Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé, et d'accomplir son oeuvre.

IV.35 Ne dites-vous pas qu'il y a encore quatre mois jusqu'à la moisson? Voici, je vous le dis, levez les yeux, et regardez les champs qui déjà blanchissent pour la moisson.

IV.36 Celui qui moissonne reçoit un salaire, et amasse des fruits pour la vie éternelle, afin que celui qui sème et celui qui moissonne se réjouissent ensemble.

IV.37 Car en ceci ce qu'on dit est vrai: Autre est celui qui sème, et autre celui qui moissonne.

IV.38 Je vous ai envoyés moissonner ce que vous n'avez pas travaillé; d'autres ont travaillé, et vous êtes entrés dans leur travail.

IV.39 Plusieurs Samaritains de cette ville crurent en Jésus à cause de cette déclaration formelle de la femme: Il m'a dit tout ce que j'ai fait.

IV.40 Aussi, quand les Samaritains vinrent le trouver, ils le prièrent de rester auprès d'eux. Et il resta là deux jours.

IV.41 Un beaucoup plus grand nombre crurent à cause de sa parole;

IV.42 et ils disaient à la femme: Ce n'est plus à cause de ce que tu as dit que nous croyons; car nous l'avons entendu nous-mêmes, et nous savons qu'il est vraiment le Sauveur du monde.

IV.43 Après ces deux jours, Jésus partit de là, pour se rendre en Galilée;

IV.44 car il avait déclaré lui-même qu'un prophète n'est pas honoré dans sa propre patrie.

IV.45 Lorsqu'il arriva en Galilée, il fut bien reçu des Galiléens, qui avaient vu tout ce qu'il avait fait à Jérusalem pendant la fête; car eux aussi étaient allés à la fête.

IV.46 Il retourna donc à Cana en Galilée, où il avait changé l'eau en vin. Il y avait à Capernaüm (voir II.12) un officier du roi, dont le fils était malade.

IV.47 Ayant appris que Jésus était venu de Judée en Galilée, il alla vers lui, et le pria de descendre et de guérir son fils, qui était près de mourir.

IV. 48 Jésus lui dit: Si vous ne voyez des miracles et des prodiges, vous ne croyez point.

IV. 49 L'officier du roi lui dit: Seigneur, descends avant que mon enfant meure.

IV. 50 Va, lui dit Jésus, ton fils vit. Et cet homme crut à la parole que Jésus lui avait dite, et il s'en alla.

IV. 51 Comme déjà il descendait, ses serviteurs venant à sa rencontre, lui apportèrent cette nouvelle: Ton enfant vit.

IV. 52 Il leur demanda à quelle heure il s'était trouvé mieux; et ils lui dirent: Hier, à la septième heure (vers 13 heures), la fièvre l'a quitté.

IV. 53 Le père reconnut que c'était à cette heure-là que Jésus lui avait dit: Ton fils vit. Et il crut, lui et toute sa maison.

IV. 54 Jésus fit encore ce second miracle lorsqu'il fut venu de Judée en Galilée.

Chapitre V

V.1 Après cela, il y eut une fête des Juifs, et Jésus monta à Jérusalem.

V.2 Or, à Jérusalem, près de la porte des brebis, il y a une piscine qui s'appelle en hébreu Béthesda (ce qui signifie : Maison de miséricorde), et qui a cinq portiques.

V.3 Sous ces portiques étaient couchés en grand nombre des malades, des aveugles, des boiteux, des paralytiques, qui attendaient le mouvement de l'eau;

V.4 car un ange descendait de temps en temps dans la piscine, et agitait l'eau; et celui qui y descendait le premier après que l'eau avait été agitée était guéri, quelle que fût sa maladie.

V.5 Là se trouvait un homme malade depuis trente-huit ans.

V.6 Jésus, l'ayant vu couché, et sachant qu'il était malade depuis longtemps, lui dit: Veux-tu être guéri?

5.6 : On constate que Jésus respecte la liberté de ses auditeurs. Il n’impose pas la guérison physique. De même, il n’impose pas la guérison spirituelle. Cependant, le désir de Dieu c’est que tous les hommes soient sauvés : "(Dieu) qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité (1 Timothée 2:4). Jésus invite tous les hommes à venir à lui pour être sauvés : "Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos" (Matthieu 11:28). "...je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi (Jean 6:37). Vous, amis lecteurs, vous êtes invités à venir à Jésus pour être sauvés.

V.7 Le malade lui répondit: Seigneur, je n'ai personne pour me jeter dans la piscine quand l'eau est agitée, et, pendant que j'y vais, un autre descend avant moi.

V.8 Lève-toi, lui dit Jésus, prends ton lit, et marche.

V.9 Aussitôt cet homme fut guéri; il prit son lit, et marcha. C'était un jour de sabbat.

V.10 Les Juifs dirent donc à celui qui avait été guéri: C'est le sabbat; il ne t'est pas permis d'emporter ton lit.

5.10 : Le sabbat était le jour de repos, que les enfants d’Israël devaient consacrer à l’Eternel. "On travaillera six jours; mais le septième jour est le sabbat, le jour du repos, consacré à l'Eternel. Celui qui fera quelque ouvrage le jour du sabbat, sera puni de mort. / Les enfants d'Israël observeront le sabbat, en le célébrant, eux et leurs descendants, comme une alliance perpétuelle" (Exode 31:15-16 ). Jésus déclare qu’il est le "Maître du sabbat"(Matthieu 12.8) et donne à ses contemporains la vraie signification du sabbat : " Le sabbat a été fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat" (Marc 2.27). "Il est donc permis de faire du bien les jours de sabbat " (Matthieu 12:12). Les Chrétiens, peuple de la Nouvelle Alliance (Jérémie 31.31, Psaume 102.19) ont coutume de se réunir le premier jour de la semaine, c’est-à-dire le dimanche, qui correspond au jour de la résurrection de Jésus (Jean 20.1 ; Actes 22.7 ; 1 Corinthiens 16.2). Dans l’Eglise primitive, certains considéraient que tous les jours étaient égaux, alors que d’autres faisaient des distinctions entre les jours de la semaine. "Tel fait une distinction entre les jours - écrit l’apôtre Paul - tel autre les estime tous égaux. Que chacun ait en son esprit une pleine conviction. Celui qui distingue entre les jours agit ainsi pour le Seigneur....(Romains 14:5-6). L’apôtre Paul reproche aux Galates d’attacher trop d’importance à l’observance de certains "jours, mois, temps et années"(Galates 4.10) et il écrit aux Colossiens : " Que personne donc ne vous juge ... au sujet d'une fête, d'une nouvelle lune, ou des sabbats: c'était l'ombre des choses à venir, mais le corps (la réalité) est en Christ" (Colossiens 2:16-17). Le Coran enseigne que, dans le passé, des transgresseurs du sabbat auraient été transformés en singes (Al-Baqara,2.65). Une légende du Talmud (Sanhédrin XI, 109 a) rapporte qu’au moment de la construction de la tour de Babel, certains rebelles furent transformés en singes.

 

V.11 Il leur répondit: Celui qui m'a guéri m'a dit: Prends ton lit, et marche.

V.12 Ils lui demandèrent: Qui est l'homme qui t'a dit: Prends ton lit, et marche?

V.13 Mais celui qui avait été guéri ne savait pas qui c'était; car Jésus avait disparu de la foule qui était en ce lieu.

V.14 Depuis, Jésus le trouva dans le temple, et lui dit: Voici, tu as été guéri; ne pèche plus, de peur qu'il ne t'arrive quelque chose de pire.

V.15 Cet homme s'en alla, et annonça aux Juifs que c'était Jésus qui l'avait guéri.

V.16 C'est pourquoi les Juifs poursuivaient Jésus, parce qu'il faisait ces choses le jour du sabbat.

V.17 Mais Jésus leur répondit: Mon Père agit jusqu'à présent; moi aussi, j'agis.

V.18 A cause de cela, les Juifs cherchaient encore plus à le faire mourir, non seulement parce qu'il violait le sabbat, mais parce qu'il appelait Dieu son propre Père,

se faisant lui-même égal à Dieu.

V.19 Jésus reprit donc la parole, et leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu'il voit faire au Père; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement.

V.20 Car le Père aime le Fils, et lui montre tout ce qu'il fait; et il lui montrera des oeuvres plus grandes que celles-ci, afin que vous soyez dans l'étonnement.

V.21 Car, comme le Père ressuscite les morts et donne la vie, ainsi le Fils donne la vie à qui il veut.

V.22 Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils,

V.23 afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n'honore pas le Fils

n'honore pas le Père qui l'a envoyé.

V.24 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m'a envoyé,

a la vie éternelle et ne vient point en jugement,

mais il est passé de la mort à la vie (voir note 17.17).

5.24 : Jésus utilise ici le présent et dit que celui qui croit "a" la vie éternelle, et non pas qu’il "aura" éventuellement la vie éternelle, lors de la résurrection. Mêmes affirmations en Jean 3:16 ; 3:36 ; 6.47 ; 6: 54; Romains 6:23 ;1 Jean 2:25 ; 5.11 ). "Je vous ai écrit ces choses, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu"(1 Jean 5:13). C’est dès que nous naissons de nouveau par la foi (voir note 3.16), que nous recevons la vie éternelle. C’est là la bonne nouvelle de l’Evangile: avoir l’assurance de son salut ! Mais si la vie éternelle est acquise dès ici-bas, c’est donc maintenant qu’il faut la saisir. "Plus tard", peut devenir "trop tard", car".... il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement" (Hébreux 9:27). Une fois mort, notre sort est scellé pour l’éternité. La Bible ne parle nulle part d’un lieu de purgation permettant d’expier nos péchés, mais de deux endroits seulement : le ciel ou paradis et l’enfer ou géhenne (Luc 16:23 ; Matthieu 25:46). Aussi, nous vous exhortons à accepter dès maintenant la vie éternelle que Jésus vous a acquise par son sacrifice à la croix ! (voir aussi note 3.16).

V.25 En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu; et ceux qui l'auront entendue vivront.

V.26 Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d'avoir la vie en lui-même.

V.27 Et il lui a donné le pouvoir de juger, parce qu'il est Fils de l'homme.

V.28 Ne vous étonnez pas de cela; car l'heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront.

V.29 Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie,

mais ceux qui auront fait le mal

ressusciteront pour le jugement.

V.30 Je ne puis rien faire de moi-même: selon que j'entends, je juge; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.

V.31 Si c'est moi qui rends témoignage de moi-même, mon témoignage n'est pas vrai.

V.32 Il y en a un autre qui rend témoignage de moi, et je sais que le témoignage qu'il rend de moi est vrai.

V.33 Vous avez envoyé vers Jean, et il a rendu témoignage à la vérité.

V.34 Pour moi ce n'est pas d'un homme que je reçois le témoignage; mais je dis ceci, afin que vous soyez sauvés.

V.35 Jean était la lampe qui brûle et qui luit, et vous avez voulu vous réjouir une heure à sa lumière.

V.36 Moi, j'ai un témoignage plus grand que celui de Jean; car les oeuvres que le Père m'a donné d'accomplir, ces oeuvres mêmes que je fais, témoignent de moi que c'est le Père qui m'a envoyé.

V. 37 Et le Père qui m'a envoyé a rendu lui-même témoignage de moi. Vous n'avez jamais entendu sa voix, vous n'avez point vu sa face,

V.38 et sa parole ne demeure point en vous, parce que vous ne croyez pas à celui qu'il a envoyé (voir note 17.17 ).

V.39 Vous sondez les Ecritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle: ce sont elles qui rendent témoignage de moi (voir 1.46).

V.40 Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie!

V.41 Je ne tire pas ma gloire des hommes.

V.42 Mais je sais que vous n'avez point en vous l'amour de Dieu.

V.43 Je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas; si un autre vient en son propre nom, vous le recevrez.

V.44 Comment pouvez-vous croire, vous qui tirez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez point la gloire qui vient de Dieu seul?

V.45 Ne pensez pas que moi je vous accuserai devant le Père; celui qui vous accuse, c'est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance.

V.46 Car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, parce qu'il a écrit de moi.

V.47 Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles?

5.47 : (Parole de Jésus) : 19 Il y avait un homme riche, qui était vêtu de pourpre et de fin lin, et qui chaque jour menait joyeuse et brillante vie.20 Un pauvre, nommé Lazare, était couché à sa porte, couvert d'ulcères,21 et désireux de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche; et même les chiens venaient encore lécher ses ulcères.22 Le pauvre mourut, et il fut porté par les anges dans le sein d'Abraham. Le riche mourut aussi, et il fut enseveli.23 Dans le séjour des morts, il leva les yeux; et, tandis qu'il était en proie aux tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein.24 Il s'écria: Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare, pour qu'il trempe le bout de son doigt dans l'eau et me rafraîchisse la langue; car je souffre cruellement dans cette flamme.25 Abraham répondit: Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que Lazare a eu les maux pendant la sienne; maintenant il est ici consolé, et toi, tu souffres.26 D'ailleurs, il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui voudraient passer d'ici vers vous, ou de là vers nous, ne puissent le faire.27 Le riche dit: Je te prie donc, père Abraham, d'envoyer Lazare dans la maison de mon père;28 car j'ai cinq frères. C'est pour qu'il leur atteste ces choses, afin qu'ils ne viennent pas aussi dans ce lieu de tourments.29 Abraham répondit: Ils ont Moïse et les prophètes; qu'ils les écoutent.30 Et il dit: Non, père Abraham, mais si quelqu'un des morts va vers eux, ils se repentiront.31 Et Abraham lui dit: S'ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu'un des morts ressusciterait" (Luc 16:19-31).

Le Coran, comme nous l’avons vu en exergue de ce commentaire, ordonne aussi aux gens ayant reçu les Écritures de s’appuyer sur elles (Al-Maidah,5.68).

Chapitre VI

VI.1 Après cela, Jésus s'en alla de l'autre côté de la mer de Galilée, de Tibériade (ville au bord du lac de Galilée ou lac de Tibériade).

VI.2 Une grande foule le suivait, parce qu'elle voyait les miracles qu'il opérait sur les malades.

VI.3 Jésus monta sur la montagne, et là il s'assit avec ses disciples.

VI.4 Or, la Pâque était proche, la fête des Juifs ( Voir note 2.13 ).

VI.5 Ayant levé les yeux, et voyant qu'une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe: Où achèterons-nous des pains, pour que ces gens aient à manger?

VI.6 Il disait cela pour l'éprouver, car il savait ce qu'il allait faire.

VI.7 Philippe lui répondit: Les pains qu'on aurait pour deux cents deniers ne suffiraient pas pour que chacun en reçût un peu.

VI.8 Un de ses disciples, André, frère de Simon Pierre, lui dit:

VI.9 Il y a ici un jeune garçon qui a cinq pains d'orge et deux poissons; mais qu'est-ce que cela pour tant de gens?

VI.10 Jésus dit: Faites-les asseoir. Il y avait dans ce lieu beaucoup d'herbe. Ils s'assirent donc, au nombre d'environ cinq mille hommes.

VI.11 Jésus prit les pains, rendit grâces, et les distribua à ceux qui étaient assis; il leur donna de même des poissons, autant qu'ils en voulurent.

VI.12 Lorsqu'ils furent rassasiés, il dit à ses disciples: Ramassez les morceaux qui restent, afin que rien ne se perde.

VI.13 Ils les ramassèrent donc, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux qui restèrent des cinq pains d'orge, après que tous eurent mangé.

VI.14 Ces gens, ayant vu le miracle que Jésus avait fait, disaient: Celui-ci est vraiment le prophète qui doit venir dans le monde.

VI.15 Et Jésus, sachant qu'ils allaient venir l'enlever pour le faire roi, se retira de nouveau sur la montagne, lui seul.

VI.16 Quand le soir fut venu, ses disciples descendirent au bord de la mer.

VI.17 Etant montés dans une barque, ils traversaient la mer pour se rendre à Capernaüm (voir II.12). Il faisait déjà nuit, et Jésus ne les avait pas encore rejoints.

VI.18 Il soufflait un grand vent, et la mer était agitée.

VI.19 Après avoir ramé environ vingt-cinq ou trente stades, ils virent Jésus marchant sur la mer et s'approchant de la barque. Et ils eurent peur.

VI.20 Mais Jésus leur dit: C'est moi; n'ayez pas peur!

VI.21 Ils voulaient donc le prendre dans la barque, et aussitôt la barque aborda au lieu où ils allaient.

VI.22 La foule qui était restée de l'autre côté de la mer avait remarqué qu'il ne se trouvait là qu'une seule barque, et que Jésus n'était pas monté dans cette barque avec ses disciples, mais qu'ils étaient partis seuls.

VI.23 Le lendemain, comme d'autres barques étaient arrivées de Tibériade près du lieu où ils avaient mangé le pain après que le Seigneur eut rendu grâces,

VI.24 les gens de la foule, ayant vu que ni Jésus ni ses disciples n'étaient là, montèrent eux-mêmes dans ces barques et allèrent à Capernaüm à la recherche de Jésus.

VI.25 Et l'ayant trouvé au delà de la mer, ils lui dirent: Rabbi, quand es-tu venu ici?

VI.26 Jésus leur répondit: En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés.

VI.27 Travaillez, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui subsiste pour la vie éternelle, et que le Fils de l'homme vous donnera; car c'est lui que le Père, que Dieu a marqué de son sceau.

VI.28 Ils lui dirent :

Que devons-nous faire, pour faire les oeuvres de Dieu?

VI.29 Jésus leur répondit:

L'oeuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé.

VI.30 Quel miracle fais-tu donc, lui dirent-ils, afin que nous le voyions, et que nous croyions en toi? Que fais-tu?

VI.31 Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit: Il leur donna le pain du ciel à manger.

VI.32 Jésus leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, Moïse ne vous a pas donné le pain du ciel, mais mon Père vous donne le vrai pain du ciel;

VI.33 car le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde.

VI.34 Ils lui dirent: Seigneur, donne-nous toujours ce pain.

VI.35 Jésus leur dit:

Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n'aura jamais faim, et celui qui croit en moi n'aura jamais soif.

6.35 : Ici commence la série de sept affirmations de Jésus sur lui-même et introduites par l’expression "Je suis". Ainsi, Jésus affirme être : le pain de vie (Jean 6:35), la lumière du monde (Jean 8:12), la porte des brebis (Jean 10:7), le bon berger (Jean 10:11), la résurrection et la vie (Jean 11:25), le chemin, la vérité et la vie (Jean 14:6), le vrai cep (Jean 15:1). Mais l’expression : "Je suis", sans attribut, fait inévitablement penser au "Je suis" d’Exode 3:14: "Dieu dit à Moïse: Je suis celui qui suis. Et il ajouta: C'est ainsi que tu répondras aux enfants d'Israël: Celui qui s'appelle "je suis" m'a envoyé vers vous". (voir Jean 8:24, 28, 58 ; Jean 18:6). Voir 6.56.

VI.36 Mais, je vous l'ai dit, vous m'avez vu, et vous ne croyez point.

VI.37 Tous ceux que le Père me donne viendront à moi, et je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi;

VI.38 car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.

VI.39 Or, la volonté de celui qui m'a envoyé, c'est que je ne perde rien de tout ce qu'il m'a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour.

VI.40 La volonté de mon Père, c'est que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle; et je le ressusciterai au dernier jour.

VI.41 Les Juifs murmuraient à son sujet, parce qu'il avait dit: Je suis le pain qui est descendu du ciel.

VI.42 Et ils disaient: N'est-ce pas là Jésus, le fils de Joseph, celui dont nous connaissons le père et la mère? Comment donc dit-il: Je suis descendu du ciel?

VI.43 Jésus leur répondit: Ne murmurez pas entre vous.

VI.44 Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m'a envoyé ne l'attire; et je le ressusciterai au dernier jour.

VI.45 Il est écrit dans les prophètes: Ils seront tous enseignés de Dieu. Ainsi quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement vient à moi.

VI.46 C'est que nul n'a vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu; celui-là a vu le Père.

VI.47 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle.

VI.48 Je suis le pain de vie.

VI.49 Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts.

6.49 : La manne est l’aliment miraculeux que Dieu envoya aux israélites dans le désert, lors de l’exode (Exode 16:31). Le Coran mentionne la manne en Al-Baqara, 2.57 ; Al-Araf,7.160 ; Taha,20.80).

VI.50 C'est ici le pain qui descend du ciel, afin que celui qui en mange ne meure point.

VI.51 Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement; et le pain que je donnerai, c'est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde.

VI.52 Là-dessus, les Juifs disputaient entre eux, disant: Comment peut-il nous donner sa chair à manger?

VI.53 Jésus leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez son sang, vous n'avez point la vie en vous-mêmes.

VI.54 Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle; et je le ressusciterai au dernier jour.

VI.55 Car ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage.

VI.56 Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi, et je demeure en lui.

6.56 : Quand Jésus déclare qu’il est : le pain de vie (Jean 6:35), la lumière du monde (Jean 8:12), la porte des brebis (Jean 10:7), le chemin (Jean 14:6), le vrai cep (Jean 15:1), il utilise un langage allégorique ou métaphorique. Dans ses paraboles - on en dénombre plus de 30 dans les évangiles - Jésus utilise les mêmes figures de style. L’affirmation du verset VI.56 est aussi une métaphore. Il ne s’agit pas de devenir anthropophage et manger la chair de Jésus, ni de devenir vampire, en buvant son sang, mais il s’agit de nous approprier l’oeuvre et l’enseignement de Jésus. Il déclare lui-même en VI.63 que ses paroles sont "esprit et vie", et ne sont donc pas à prendre physiquement. Il en est de même, lorsque Jésus institua la Sainte-Cène. "Pendant qu'ils mangeaient, Jésus prit du pain; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le donna aux disciples, en disant: Prenez, mangez, ceci est mon corps (qui est rompu pour vous). / Il prit ensuite une coupe; et, après avoir rendu grâces, il la leur donna, en disant: Buvez-en tous; / car ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui est répandu pour plusieurs, pour la rémission des péchés ( Faites ceci en mémoire de moi toutes les fois que vous en boirez)" (Matthieu 26 :26-28 ; 1 Corinthiens 11 :24-25). Comme Jésus était présent à ce repas, les apôtres comprirent que la rémission des péchés était liée aux souffrances physiques de Jésus et à l’ effusion de son sang. Ils ne voyaient dans les paroles de Jésus nul indice d’une transsubstantiation. Ils savaient que "le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s'y trouve, étant le Seigneur du ciel et de la terre, n'habite point dans des temples faits de main d'homme" , donc pas dans un tabernacle ! (Actes 17:24 ; 1 Rois 8:27 ; Esaïe 66:1). "Car Christ ... est entré dans le ciel même, afin de comparaître maintenant pour nous devant la face de Dieu" (Hébreux 9:24). "Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés, afin que des temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur, / et qu'il envoie celui qui vous a été destiné, Jésus-Christ, / que le ciel doit recevoir jusqu'aux temps du rétablissement de toutes choses, dont Dieu a parlé anciennement par la bouche de ses saints prophètes" (Actes 3:19 -21). Depuis son Ascension, la demeure de Jésus est le ciel, ( et non dans un tabernacle), et ceci, jusqu’au jour de son retour.

VI.57 Comme le Père qui est vivant m'a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra par moi.

VI.58 C'est ici le pain qui est descendu du ciel. Il n'en est pas comme de vos pères qui ont mangé la manne et qui sont morts: celui qui mange ce pain vivra éternellement.

VI.59 Jésus dit ces choses dans la synagogue, enseignant à Capernaüm.

VI.60 Plusieurs de ses disciples, après l'avoir entendu, dirent: Cette parole est dure; qui peut l'écouter?

VI.61 Jésus, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce sujet, leur dit: Cela vous scandalise-t-il?

VI.62 Et si vous voyez le Fils de l'homme monter où il était auparavant?...

6.62 : C’est ici, de la part de Jésus, une allusion très claire à son ascension, à son retour au ciel. Voici ce que dit le livre des Actes: "Après qu'il eut souffert, il leur apparut vivant, et leur en donna plusieurs preuves, se montrant à eux pendant quarante jours, et parlant des choses qui concernent le royaume de Dieu... Après avoir dit cela, il fut élevé pendant qu'ils le regardaient, et une nuée le déroba à leurs yeux. / Et comme ils avaient les regards fixés vers le ciel pendant qu'il s'en allait, voici, deux hommes vêtus de blanc leur apparurent, / et dirent: Hommes Galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel? Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, viendra de la même manière que vous l'avez vu allant au ciel"(Actes 1.3, 9-11). L’apôtre Paul déclara : ".... Christ est mort; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous!" (Romains 8:34). Le Coran lui aussi reconnaît que présentement Jésus est au ciel auprès de Dieu: "Allah l'a élevé à lui, et Allah est puissant et sage" (An-Nisaa,4.158).

VI.63 C'est l'esprit qui vivifie; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie (voir note 16.13).

VI.64 Mais il en est parmi vous quelques-uns qui ne croient point. Car Jésus savait dès le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient point, et qui était celui qui le livrerait.

VI.65 Et il ajouta: C'est pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui a été donné par le Père.

VI.66 Dès ce moment, plusieurs de ses disciples se retirèrent, et ils n'allaient plus avec lui.

VI.67 Jésus donc dit aux douze: Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller?

VI.68 Simon Pierre lui répondit:

Seigneur, à qui irions-nous?

Tu as les paroles de la vie éternelle.

VI.69 Et nous avons cru et nous avons connu que

tu es le Christ, le Saint de Dieu.

VI.70 Jésus leur répondit: N'est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les douze? Et l'un de vous est un démon!

VI.71 Il parlait de Judas Iscariot, fils de Simon; car c'était lui qui devait le livrer, lui, l'un des douze.

6.71 : Judas, en effet, se rendit auprès des chefs religieux et leur demanda : Que voulez-vous me donner, et je vous le livrerai? Et ils lui payèrent trente pièces d'argent (Matthieu 26:15). Zacharie [520-480 av. J.-C.] prophétisa ainsi : "Je leur dis: Si vous le trouvez bon, donnez-moi mon salaire; sinon, ne le donnez pas. Et ils pesèrent pour mon salaire trente sicles d'argent. / L'Eternel me dit: Jette-le au potier, ce prix magnifique auquel ils m'ont estimé! Et je pris les trente sicles d'argent, et je les jetai dans la maison de l'Eternel, pour le potier"(Zacharie11:12-13).

Chapitre VII

VII. 1 Après cela, Jésus parcourait la Galilée, car il ne voulait pas séjourner en Judée (voir 4.5), parce que les Juifs cherchaient à le faire mourir.

VII. 2 Or, la fête des Juifs, la fête des Tabernacles, était proche.

7.2 : "Parle aux enfants d'Israël, et dis: Le quinzième jour de ce septième mois, ce sera la fête des tabernacles en l'honneur de l'Eternel, pendant sept jours" (Lévitique 23:34). C’est une des trois solennités où les juifs se rendaient à Jérusalem (Deutéronome 16:16).

VII. 3 Et ses frères lui dirent: Pars d'ici, et va en Judée (voir 4.5), afin que tes disciples voient aussi les oeuvres que tu fais.

VII. 4 Personne n'agit en secret, lorsqu'il désire paraître: si tu fais ces choses, montre-toi toi-même au monde.

VII. 5 Car ses frères non plus ne croyaient pas en lui.

7.5 : Ses frères ne vinrent à la foi qu’après la résurrection de Jésus (Actes 1:14).

VII. 6 Jésus leur dit: Mon temps n'est pas encore venu, mais votre temps est toujours prêt.

VII. 7 Le monde ne peut vous haïr; moi, il me hait, parce que je rends de lui le témoignage que ses oeuvres sont mauvaises.

VII. 8 Montez, vous, à cette fête; pour moi, je n'y monte point (encore), parce que mon temps n'est pas encore accompli.

VII. 9 Après leur avoir dit cela, il resta en Galilée.

VII. 10 Lorsque ses frères furent montés à la fête, il y monta aussi lui-même, non publiquement, mais comme en secret.

VII. 11 Les Juifs le cherchaient pendant la fête, et disaient: Où est-il?

VII. 12 Il y avait dans la foule grande rumeur à son sujet. Les uns disaient: C'est un homme de bien. D'autres disaient: Non, il égare la multitude.

VII. 13 Personne, toutefois, ne parlait librement de lui, par crainte des Juifs.

VII.14 Vers le milieu de la fête, Jésus monta au temple. Et il enseignait.

VII.15 Les Juifs s'étonnaient, disant: Comment connaît-il les Ecritures, lui qui n'a point étudié?

VII.16 Jésus leur répondit: Ma doctrine n'est pas de moi, mais de celui qui m'a envoyé.

VII. 17 Si quelqu'un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu